La politique change-t-elle (encore) la vie  ?



Fin de matinée nonchalante dans une cité de Seine-Saint-Denis. Devant le centre de vaccination anti-Covid, une petite file attend sagement de tendre le bras pour recevoir le sésame tant attendu. « C’est n’importe quoi ce pays ! », lance soudain un trentenaire, ulcéré qu’on lui refuse l’injection. « J’ai besoin de votre carte Vitale. Revenez avec, ou même avec l’attestation de la Sécu, et je vous vaccine dans la foulée », tente une infirmière. Rien à faire, notre homme prend les autres à témoin : « D’abord, y a pas de masques, ensuite pas de tests… Et, maintenant qu’on a le vaccin, on nous emmerde avec la carte Vitale. C’est n’importe quoi ce pays ! »

Autour, un silence gêné. Feignant l’indifférence, chacun pianote sur son portable jusqu’à ce qu’un grand échalas prenne la parole, façon vieux sage : « Ne dites pas ça, Monsieur. Moi, ma famille vit au Nigeria et, là-bas, on vient d’annoncer qu’il faudrait deux ans pour vacciner tout le monde. » Une sexagénaire renchérit : « Moi, l’an dernier, au Portugal, j’ai dû faire un test sur place : ça coûte 120 €, là-bas ! On a bien de la chance en France. » Deux uppercuts, coup sur coup. Notre recalé du vaccin lance un « pffff » rageur et, vaincu par K.-O., disparaît.

La politique, entre idéaux et déconvenues

« Les Français, quels râleurs ! », pense-t-on, en le regardant s’éloigner. Mais pas seulement. Derrière ce coup de sang matinal, il y a beaucoup plus qu’un emportement passager : l’oubli, pur et simple, de tous ces droits qui façonnent et étayent nos vies, les réparent même parfois. À commencer par la gratuité des soins. Un droit qui passe aujourd’hui pour une évidence, voire un dû, mais qui ne s’est imposé qu’après un long et âpre combat politique. Politique, le mot est lâché ! Un mot piège : quatre syllabes charriant les plus nobles idéaux mais, aussi, tant d’espoirs déçus. Le symbole de ce que l’humanité a pensé de plus haut. Mais un symbole lesté de tellement de déconvenues… Bref, un mot polysémique et polémique. Gare, donc !

Voilà pour la mise en garde. Et, maintenant, la question qui fâche : la politique change-t-elle nos vies ? Oui. Mille fois oui. De manière modeste ou grandiose ; à grands roulements de tambour ou dans l’indifférence générale. Ici, c’est un maire qui bataille pour approvisionner les cantines scolaires en circuit court – offrant, du même coup, une alimentation de qualité aux élèves en même temps que des revenus réguliers aux producteurs locaux ; là, c’est un conseil régional qui désenclave un chapelet de villages isolés en investissant dans le réseau TER ; là, c’est le législateur qui vote la semaine de 35 heures, bouleversant le quotidien de millions de salariés. La politique est partout. Sur la voie publique, en limitant la vitesse sur les routes ; dans le secret de nos foyers, en interdisant la fessée. Elle se niche même dans les replis intimes de nos vies : dès ses tout débuts – en proposant une aide médicale à la procréation gratuite aux couples infertiles –, et jusqu’à nos derniers instants – en encadrant la fin de vie.

Alors quoi ? Pourquoi ces records d’abstention ? Pour rappel, la participation électorale était inférieure à 50 % aux dernières élections régionales mais aussi aux dernières législatives, européennes et municipales… On frôle la sécession électorale. Comment expliquer une telle désaffection des Français à l’égard de la chose publique ?

Des attentes à la hauteur des promesses : démesurées

Pour certains, cette apathie démocratique tiendrait à l’identité même du pays, à notre inconscient collectif et à sa foule d’impensés. « Notre république s’est bâtie autour de l’idée d’une toute-puissance de l’action publique avec, en creux, l’idée que l’homme aurait prise sur le monde et pourrait le rationaliser », décrypte Luc Rouban, directeur de recherches CNRS au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof).

L’histoire de France n’arrangerait rien, selon Jean Garrigues, professeur d’histoire politique à l’université d’Orléans : « Notre passé est jalonné de figures hors norme comme Napoléon ou de Gaulle et l’on continue, aujourd’hui encore, à croire aux hommes providentiels. On attend, à chaque élection, une sorte d’épiphanie… En vain, bien sûr. » La suite, on la connaît : à l’état de grâce succède, fatalement, la disgrâce. Le politique ne serait pas tant impuissant à changer la vie qu’à se hisser à hauteur des attentes qu’on projette sur lui.

Un hiatus, disons-le, savamment entretenu par les intéressés eux-mêmes. Il n’est qu’à voir les pouvoirs prométhéens dont se parent les élus. Ou encore leur façon de poétiser la geste politique à l’image de « Changer la vie »,le fameux slogan du PS dans les années 1970. Une référence rimbaldienne, rien que ça ! La formule est ambitieuse. Équivoque aussi. François Mitterrand s’engageait à changer « la » vie ; ses électeurs, eux, s’attendaient après 1981 à changer « de » vie… Un malentendu prévisible, dixit François Hollande qui, le mois dernier, à l’occasion de la commémoration, quarante ans après, du 10 mai 1981, cinglait : « ”Changer la vie”, c’est un slogan qui mène à la déception » (1).

Point de méprise de ce genre outre-Rhin. Là-bas, le lyrisme n’a pas sa place en politique. Illustration avec Angela Merkel qui, quand on l’interroge sur la façon de réenchanter la vie politique ou la construction européenne, répond avec le ton doucement inflexible qu’on lui connaît : « Ne me demandez pas cela à moi. Je ne suis pas poète. » Ce qui ne l’a d’ailleurs pas empêchée d’être reconduite à la tête du pays seize ans durant… À méditer, côté français ? On continue, quoi qu’il en soit, à nous servir des slogans aussi emphatiques que définitifs : en 2012, Nicolas Sarkozy osait « Ensemble tout devient possible », François Hollande jurait, lui, la main sur le cœur, « Le changement, c’est maintenant », etc.

À gauche et à droite, un même désarroi

Mais oublions un instant ces promesses extravagantes. Examinons froidement les choses : nos vies changent-elles sous l’impulsion des élus ? Enquêtes après sondages, un sentiment s’impose : les Français déplorent l’impuissance du politique. Et ce quelle que soit leur sensibilité partisane. À gauche, les réformes mitterrandiennes du début des années 1980 (semaine de 39 heures, cinquième semaine de congés payés, retraite à 60 ans) ont été suivies, quinze ans plus tard, par celles de Lionel Jospin, sensiblement moins nombreuses et ambitieuses (à l’exception notable des 35 heures). François Hollande, lui, a peu fait pour les salariés – le « mariage pour tous » étant son principal marqueur de gauche – provoquant la déception de ceux qui en attendaient autant sur le terrain social que sur le volet sociétal. De ce côté de l’échiquier, exit donc les lendemains qui chantent.

Même désarroi chez les électeurs de droite qui réclament, eux, un redressement du pays… qui n’advient jamais comme ils l’espèrent. À commencer par le redressement des comptes publics. Nicolas Sarkozy n’a pas désendetté le pays, ni d’ailleurs Emmanuel Macron, qui partageait cette même ambition. Tous deux ont affronté deux crises majeures (financière en 2008 et sanitaire en 2020) qu’il faut, évidemment, mettre à leur décharge. Ces deux événements viennent toutefois rappeler une évidence : le volontarisme politique ne suffit pas…

Autre grande demande de la droite : le retour de l’autorité. Et, là encore, la déception pointe. « L’électorat de gauche attend une amélioration de ses conditions de vie. En vain. Celui de droite réclame le retour de l’ordre et du régalien, en vain, là encore. Au fond, on note la même déploration des deux côtés », observe Jean Garrigues.Le politique, censé avoir prise sur le réel, semble s’y enliser.

Des souverains sans visage ?

Qui dirige la France ? « L’homme de la nation, mis en place par elle-même, pour répondre de son destin », répondait le général de Gaulle. Une époque révolue. Aujourd’hui, les Français répondent : les marchés financiers et les grandes entreprises multinationales (2). « La finance, les multinationales, tout comme Bruxelles ou les Gafam d’ailleurs, font figure de nouveaux souverains, confirme l’essayiste Christian Salmon (3). Vous noterez, au passage, que ce sont des souverains sans visage ». Comprendre : des souverains impersonnels, insaisissables, mus par un pragmatisme sans âme. « Face à eux, les élus se retrouvent dans une sorte d’impasse narrative », poursuit l’intéressé. C’est-à-dire ? « Pour renouer avec l’ambition de changer la vie, il faut un récit mobilisateur. Or, après l’émancipation collective prônée par le communisme d’un côté, et, de l’autre, l’émancipation individuelle à tous crins vantée par les États-Unis, le politique est atone. En pleine paralysie discursive. » À la crise économique et à la crise sanitaire s’ajouterait donc la crise du discours… N’en jetez plus !

La crise, selon la célèbre formule d’Antonio Gramsci, est ce moment où« le vieux monde se meurt et le nouveau tarde à apparaître ». On y est. Il ajoutait – on oublie trop souvent la fin de sa phrase – : « Et dans ce clair-obscur surgissent les monstres ». Quels sont ceux qui nous guettent aujourd’hui ? La tentation illibérale tapie au cœur même de nos démocraties ? La déferlante populiste ? Les flammèches complotistes allumées ici et là ? Chacun jugera.

Seule certitude, la démocratie – dans laquelle le peuple est censé être maître de son destin – semble ne plus tenir sa promesse. Un sentiment de dépossession s’empare d’une partie de la population ; celle-là même qui finit par douter de l’intérêt de voter. « Certains de nos concitoyens ont l’impression de voter pour des hommes politiques alors même que c’est l’économie, voire l’économie internationale qui mène le monde », décrypte Guillaume Gourgues, maître de conférences en science politique à l’université Lumière Lyon 2. Une partie de la population a le sentiment d’une vie empêchée. Aucun secteur d’activité n’est épargné, pas même le plus ancestral et le moins délocalisable de tous : le travail de la terre. Un agriculteur normand peut s’échiner quinze heures par jour sur son exploitation, ses revenus dépendent de toute façon de cours mondiaux fixés… à l’autre bout du monde. Dans ce contexte, à quoi bon voter ?

désindustrialisation : des politiques impuissants

L’essor du libéralisme économique, ces quarante dernières années, s’est accompagné d’une mise en retrait de l’État. « La France reste attachée à l’État providence, encore très protecteur socialement, mais elle s’inscrit désormais dans un ensemble mondial structuré autour de la libéralisation des échanges », résume Luc Rouban. La puissance publique a renoncé à piloter la stratégie industrielle du pays ; une option défendue de longue date par la droite mais à laquelle la gauche de gouvernement s’est finalement ralliée. Ainsi, aux nationalisations du début des années 1980 ont succédé les privatisations de la fin des années 1990. « Il ne faut pas tout attendre de l’État », lançait Lionel Jospin, alors premier ministre, aux 7 500 ouvriers licenciés par Michelin à l’automne 1999. Bis repetita, trois ans plus tard. Cette fois, c’est devant les ouvriers de Lu (licenciés par Danone) qu’il lève les épaules et lâche : « Si à chaque fois qu’il y a un plan social on doit nationaliser ! »

Metaleurop, Goodyear, Florange, Gandrange, Bridgestone… la litanie des plans sociaux semble sans fin. Dans leurs discours, les politiques vantent tous les vertus du patriotisme économique. Dans les faits, ils se révèlent impuissants face au dumping social et à sa logique du moindre coût. En cas de licenciements boursiers, les élus haussent le ton, mais souvent sans dévier d’un iota les choix des investisseurs. Ne reste plus au politique qu’à « accompagner socialement » ceux qui restent sur le carreau. Deux chiffres, et tout est dit : entre 1980 et 2010, la France a perdu selon l’Insee 2 millions d’emplois industriels sur un total de 5 millions. On se surprend, un instant, à être aussi désabusé qu’un Machiavel, pour qui la politique n’était pas un choix « entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal ».

Après le Covid, une nouvelle ère ?

La crise sanitaire changera-t-elle la donne ? L’interventionnisme étatique opère en effet un come-back. En France, l’État a déboursé sans compter (activité partielle, fonds de solidarité, exonérations de cotisations et d’impôt) et initié un ambitieux plan de relance de 100 milliards. Un « quoi qu’il en coûte » ponctuel ? Ou un changement de paradigme ? Difficile de le dire. D’autant que la réponse engage nos partenaires européens. Le critère de Maastricht, qui limite théoriquement le déficit public à 3 % du PIB, a été suspendu par Bruxelles – Covid oblige –, mais est censé faire son retour dès 2023… L’atterrissage promet d’être douloureux pour la France, elle dont le déficit devrait dépasser 9 % du PIB en 2021. Les tenants de l’orthodoxie budgétaire réimposeront-ils leur ligne à l’heure où les comptes publics virent au rouge écarlate, ou la crise sanitaire fera-t-elle bouger les lignes ? « Une chose est sûre, le Covid est venu reposer la question, très conflictuelle politiquement et idéologiquement, de la place de l’État dans nos sociétés capitalistes », analyse Guillaume Gourgues.

Autre facteur clé : Joe Biden, avec sa relance aux accents keynésiens, fera-t-il des émules en Europe ? Son activisme a d’ores et déjà permis l’adoption par le G7 d’un projet d’impôt mondial minimum sur les sociétés. Et ce après des années d’impuissance publique devant les stratégies d’évitement fiscal des multinationales… Au passage, qui eût prédit un tel volontarisme chez Biden ? Certains s’y attendaient avec Barack Obama, avec son électrisant « Yes we can ». À tort. C’est finalement son vice-président, un quasi octogénaire sans charisme apparent, « Sleepy Joe » comme le caricaturent ses détracteurs, qui s’y colle et bluffe son monde. Preuve que l’histoire a quelques ruses en réserve…

En France, l’idée d’un État stratège revient mezzo voce. Sans renouer avec la vision dirigiste du plan d’autrefois, Emmanuel Macron vient d’annoncer la relocalisation de certaines productions stratégiques : les semi-conducteurs (cruciaux pour l’industrie automobile) et certains médicaments de base (dont les principes actifs sont produits en Chine). On est loin de la planification conquérante des Trente Glorieuses, mais l’inflexion est là. Confirmée, d’ailleurs, par le nouveau haut-commissaire au plan, François Bayrou, qui fustigeait récemment « l’idée que notre action publique devait s’effacer entièrement devant les initiatives privées ». C’est dit. Et après ? L’État interviendra-t-il au-delà des seules filières critiques ? Le doit-il ? Le peut-il ? Enfin, question subsidiaire, mais question tout de même : les Français le souhaitent-ils ?

Un peuple ingouvernable

Les Français, justement, parlons-en ! Que veulent-ils réellement ? À quoi aspirons-nous collectivement ? Pris aux pièges de nos impensés, on veut tout et l’inverse de tout. On défend mordicus le code du travail à la française… tout en consommant chinois ; on exige de mieux respirer… mais refusons de lâcher notre diesel ; on tire à boulets rouges sur la classe politique… mais nous abstenons massivement. Difficile à suivre, ces Français ! Le mouvement des gilets jaunes n’échappe pas à ces incohérences. S’estimant tenus hors des radars du pouvoir, des médias et – plus largement – du reste du pays, ils ont battu le pavé pendant des mois pour faire entendre la « France périphérique ». Sauf qu’à l’heure de transformer l’essai en se présentant aux élections, la base du mouvement s’en est violemment prise à ceux de ses membres tentés par l’aventure électorale. S’offusquer de ne pas avoir assez voix au chapitre et, quand le porte-voix se présente, le dénigrer ! Incompréhensible.

Insondables Français… Ingouvernables, ajoutent même certains. Dans ce contexte, gouverner, réformer, « changer la vie » relève de la gageure. Et plus encore à l’heure où le pays se révèle fracturé et traversé par « la sécession des élites, l’autonomisation des catégories populaires (…) et la dislocation des références culturelles communes », comme l’écrit Jérôme Fourquet dans L’Archipel français (2020). Une archipélisation qui rime avec fragmentation, tribalisation, désolidarisation. Le directeur du département Opinion à l’Ifop conclut : « L’agrégation des intérêts particuliers au sein de coalitions larges est tout simplement devenue impossible. » À l’entendre, faire nation n’irait plus de soi dans la France d’aujourd’hui. Un constat préoccupant car, si l’on consent à sacrifier une part de soi-même en société, c’est précisément qu’on est mû par l’envie… de faire société. Quid, si ce désir n’est plus au rendez-vous ?

Le bien commun à l’heure du « moi, moi, moi ! »

Comment, dans cette époque du tout à l’ego, débattre du bien commun ? Pour Chloé, militante engagée dans la bataille des régionales, c’est la question clé. La trentenaire n’accepte de répondre aux questions qu’à condition de garder l’anonymat ; ce qu’elle a à dire n’est pas politiquement correct. Il faut parfois polir ce qu’on a à dire pour que la société puisse l’entendre mais là, manifestement, elle n’est pas d’humeur : « Les électeurs sont hyper-décevants. Ils se contrefichent des programmes et reviennent sans cesse à leurs problèmes, aux nuisances de leur quartier, à la saleté de leur rue… C’est moi, moi, moi ! Ils ont un rapport hyperconsumériste à la politique ». À l’entendre ainsi planter ses banderilles, on confirme : l’anonymat c’est mieux…

La forme surprend mais elle vise juste sur le fond. Comment, à l’heure du « moi, moi, moi », débattre projet contre projet ? « L’expansion du moi s’accompagne d’un rétrécissement du nous », répètent souvent les politologues. Le « nous » en sort clairement perdant… mais le « moi » ne s’en sort pas beaucoup mieux. « Les électeurs peuvent bien se détourner des urnes, les grands arbitrages se feront quand même. Mais sans eux », lance Chloé, décochant là sa dernière flèche. Montalembert, il y a deux siècles, avait déjà cette formule : « Vous avez beau ne pas vous occuper de politique, la politique s’occupe de vous tout de même. »

Fatigue électorale vs effervescence politique

Où que l’on regarde, l’ombre gagne. La France ? En proie à une langueur démocratique inquiétante. Les Français ? Enfermés à double tour sur eux-mêmes. L’horizon ? Bouché comme jamais. On pourrait croire la partie perdue d’avance…Àtort. À la fatigue électorale de ces dernières années répond un étonnant regain d’engagement citoyen. Et ce tant dans le cadre participatif qu’aux élections locales. « La politique comme utopie en action a disparu de nos grandes démocraties modernes, mais une partie des jeunes générations semble renouer avec. Notamment via les questions de transition écologique », note Jean Garrigues.

Un paradoxe confirmé par Guillaume Gourgues : « Électeurs et militants baissent en nombre mais, parallèlement, l’engagement renaît sous de nouvelles formes. » L’universitaire rappelle par exemple que près de 400 listes participatives ont été déposées aux municipales de 2020. Il lâche ce chiffre, surprenant : « Aux dernières municipales, un électeur sur 25 figurait sur une liste. » Et d’ajouter, songeur : « La France est quand même un pays étrange… »

Ces nouveaux engagements modifieront-ils notre rapport à la politique ? Prendre sa part dans la vie de la cité – plutôt que de se lamenter sur l’état des choses – pourrait bien nous amener à réviser nos attentes vis-à-vis des élus, à nous extraire des débats binaires, à embrasser la complexité du monde. Peut-être même à retrouver le goût du possible !

Alors, finalement, la politique peut-elle encore changer la vie ? Certaines questions, dit-on, ne trouvent leur réponse que dans l’action. À bon entendeur…

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